Réseaux sociaux et vie privée, un combat perdu d’avance ?

Réseaux sociaux et vie privée, un combat perdu d’avance ?

Depuis quelques jours un nouveau réseau social prônant un modèle économique différent et respectueux de la vie privée fait le buzz un peu partout dans le monde. Son nom ? Vero. Mais si la promesse est belle, il semblerait que tout ne soit pas si simple… Depuis 10 ans de nombreuses alternatives à Facebook se sont lancées dans l’espoir de faire venir les “anti Facebook”. Sans succès. Est-il trop tard pour réussir à lancer un “nouveau Facebook” qui résisterait dans le temps en attirant des millions d’utilisateurs ? Peut-être…

Facebook, le big brother en puissance

C’est aujourd’hui de notoriété publique, Facebook n’est pas bon pour le moral, ni pour la santé. Ce qui était au début un formidable moyen de rester en contact avec ses proches s’est vite transformé en vaste réseau de propagande de toutes sortes. Les fake news pour la politique et les bulles d’information, la publicité pour la communication descendante d’un marketing qui peine à se réinventer.

Il faut dire que pour ce qui est de la publicité, Facebook a de quoi séduire les annonceurs. Avec son ciblage ultra précis sur les utilisateurs, les coûts et les performances des campagnes hyper ciblées n’ont pas d’égal. Evidemment du côté de l’utilisateur cela implique un flicage de tous les instants. Une surveillance que chacun valide tacitement en s’inscrivant sur le réseau social américain, d’ailleurs. Et ce n’est pas une chaîne du type “je ne veux pas que Facebook capte mes données selon l’article XXX du code de jensaisquoi” qui va y changer grand chose.

“Si c’est gratuit, vous êtes le produit” dit l’adage bien connu. Si c’est gratuit vous êtes aujourd’hui aussi le vecteur de données permettant d’entraîner les algorithmes et les intelligences artificielles de Facebook. Avec les données personnelles de votre compte mais aussi chaque photo ou commentaire posté. Partout, tout le temps.

Une alternative est-elle possible ?

Chacun place bien entendu le curseur où il l’entend. Encore faut-il qu’il soit conscient de tous ces enjeux et qu’il les comprenne, là c’est déjà moins certain. Tout le monde rêve d’un réseau social libre et ouvert qui ressemblerait à nos vieux chats IRC, pourquoi pas sous pseudo et sans aucune donnée collectée sur notre personne.

Mais pour réussir à mettre en place un service de qualité, avec des serveurs robustes et une force de frappe pour conquérir des millions (milliards ?) d’utilisateurs il faut évidemment investir de l’argent. Et qui dit argent dit modèle économique et forcément concessions à un moment donné. Aujourd’hui personne n’a réussi à rattraper Facebook en nombre d’utilisateurs et en fréquence d’utilisation, même les réseaux les plus bankable du moment comme Snapchat. Alors imaginez pour un nouvel entrant complètement inconnu…

vero-social-media

L’option du libre avec serveur décentralisé est intéressante du côté de chez Mastodon, mais la hype “grand public” est vite retombée et le réseau est aujourd’hui utilisé surtout par des early adopters férus de logiciel libre. Une idée de départ qui redonne ses lettres de noblesse au terme même de réseau “social” qu’il est intéressant de suivre, mais qui ne rivalisera sans doute jamais avec les ténors du genre mais qui a le mérite de proposer une alternative crédible en termes de service et de fonctionnalités à des solutions comme Twitter pour le micro-blogging.

Le sujet qui nous occupe ces jours-ci ce nomme Vero. Vous vous souvenez d’Ello ? C’est un peu le même principe. A grand renfort de marketing cette “révolution” se base sur le même idéal de ne rien collecter et ne rien revendre sur votre petite personne. Dans les faits on se rend vite compte que l’email et le numéro de téléphone sont bien vite demandées et récoltés dans la base de donnée maison. On a connu plus transparent.

Mais ce qui peut aussi poser question c’est l’origine de cette application et notamment de son fondateur. On en apprend plus via ce thread sur Twitter.

Le respect de la vie privée, une pure opération marketing ?

Le cas Vero, comme Ello en son temps, est une nouvelle preuve d’une double réalité assez étonnante. D’un côté les utilisateurs (ou au moins la grande majorité d’entre eux) n’ont que faire des questions de vie privée depuis des années sur Facebook. Mais dès qu’un acteur leur promet plus de transparence ils se jettent dessus sans trop savoir qui est derrière le projet. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle…

Pourtant il existe des acteurs, on parlait de Mastodon juste avant, qui font réellement avancer les choses. Le buzz autour de Vero durera peut-être encore quelques jours, une ou deux semaines, et le soufflet retombera sans doute bien vite. Qui sera le prochain acteur de la tech à tenter le coup ? Les paris sont ouverts…

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