Intelligence artificielle et santé, quel avenir pour le communicant ?

Intelligence artificielle et santé, quel avenir pour le communicant ?

Pour sa 29ème édition, le Festival de la Communication Santé mettait l’éthique au centre de son programme. Une préoccupation qui nous anime particulièrement et qui est toujours présente en filigrane lors des débats du Festival. Nous étions sur place pour la 4ème année consécutive et le moins que l’on puisse dire c’est que les promesses ont encore été largement tenues. Voici un petit résumé de ce qui nous a marqué au cours de la journée de conférences du vendredi.

Une table ronde : intelligence artificielle et communication santé

Si vous suivez l’actualité de la communication et du marketing, quel que soit le secteur d’activité, l’intelligence artificielle est sur toutes les lèvres et sur tous les claviers depuis de nombreux mois. Il faut dire que les avancées technologiques sont impressionnantes et que les nouveaux outils à disposition du communicant sont légion. Dans la communication santé c’est d’autant plus important.

On se repose sur des algorithmes pour aller scanner le web et détecter des signaux faibles par exemple. Pour suivre la réputation d’un professionnel, d’un groupement, d’un laboratoire. Pour comprendre les tendances de fond de l’opinion sur un sujet précis comme la vaccination ou le lévothyrox. Des professionnels nous vendent aussi l’IA comme vecteur indispensable d’une communication toujours plus personnalisée pour délivrer son message toujours plus précisément et efficacement.

La table ronde organisée par le Leem (Les Entreprises du Médicament) abordait ces sujets avec le concours de deux experts. Marco Fiorini, Secrétaire général de l’Alliance pour la recherche et l’innovation des industriels de la santé (Arris) et Assaël Adary, président de l’agence Occurrence, auteur du Communicator et engagé sur les sujets de la data et de la vie privée. Contrairement à de nombreuses tables rondes sur le sujet dans beaucoup de salons professionnels, l’IA n’a pas été abordée comme une technologie magique qui allait régler tous les problèmes des communicants (et des patients, et de la société au global). Le pragmatisme des deux intervenants a permis d’avoir un débat de fond bien plus sensé. Ils ont notamment rappelé le caractère très limité de l’IA d’aujourd’hui qui n’est efficace que sur des choses que l’on connaît déjà. Un peu limité pour prédire une crise de réputation ou de communication par exemple, qui est par définition imprévisible et toujours différente.

Nous aurons donc toujours besoin de communicants pour faire le lien entre ce que peux analyser une machine et ce qui doit, ou ne doit pas, être formalisé et verbalisé vers le public que l’on souhaite toucher. Un rôle de médiateur tellement important dans cette société toujours plus dématérialisée et désintermédiée. Le message était clair à la fin de cette table ronde : prenez de la distance et prenez votre part d’humain créatif et empathique dans ce nouveau paradigme de l’information.

Un speed vision : Gérald Kierzek et le numérique en santé

Nous avions eu le plaisir de voir Gérald Kierzek sur le format « speed vision » il y a 2 éditions, c’était un plaisir de le retrouver. Comme il le disait si bien en introduction, le format est fait pour lui, urgentiste de terrain et militant d’une « juste » communication au quotidien entre les médecins, les patients, et les institutions de soin.

Comme d’habitude le Dr Kierzek n’a pas mâché ses mots en militant avec force contre les dérives d’une intrusion trop massive selon lui du numérique dans la relation entre les soignants et les patients. Une intrusion qui dégrade le lien direct entre le médecin et son patient et nuit à la qualité du parcours de soin.

Après le diagnostic, le Dr Kierzek a proposé des pistes de solution. Avec la communication au centre de la réponse. Une communication humaine réelle et bien dosée plutôt qu’un amas de nouvelles technologies à tout prix. Avec de l’empathie. Le mot était lâché. Une empathie à l’exact opposé de tous les fantasmes de l’intelligence artificielle et de la médecine ultra technique. Un message clair et engagé qui n’a pas manqué de toucher sa cible dans un auditoire de professionnels de la communication qui était captivé.

Nous avons isolé ici deux interventions mais l’ensemble du programme était encore une fois de très haut niveau. Une journée qui amène à prendre de la hauteur et à réfléchir sur de nombreux aspects de cette communication santé si importante à l’heure des fake news et de l’information “alternative” en ligne (mention spéciale au passage à la discussion passionnante entre le Dr Mascret du Figaro et le Dr Blisko président de la Miviludes).

Rendez-vous l’année prochaine pour la 30ème édition !

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